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Accueil » Politique » Senegal - El Hadj NDIAYE, coordonateur de ‘Wacco ak Alternance’ : ‘Avec le retour d’Idrissa Seck, la bataille de succession devient tripolaire’samedi 4 août 2007, par senactuSenegal - El Hadj NDIAYE, coordonateur de ‘Wacco ak Alternance’ : ‘Avec le retour d’Idrissa Seck, la bataille de succession devient tripolaire’ Version imprimable
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Le retour annoncé d’Idrissa Seck au Pds va créer plus de problèmes à ce parti qu’il ne va favoriser la reconstruction de la grande famille libérale. C’est, en tout cas, la conviction du leader de ‘Wacco ak alternance’ qui soutient mordicus que le maire de Thiès n’a guère renoncé à ses ambitions présidentielles. Selon El Hadj Ndiaye, Macky Sall doit afficher au grand jour son aspiration à succéder à Wade, n’en déplaise à ce dernier. Autrement, la voie est balisée pour son prédécesseur à la primature pour accéder au fauteuil présidentiel. Wal Fadjri : Il a été annoncé le retour au Pds d’Idrissa Seck dont votre mouvement a eu à beaucoup critiquer les actes lorsque ce dernier était aux affaires. Comment appréhendez-vous ces retrouvailles ? El Hadj Ndiaye : Permettez-moi, d’abord, de vous rappeler notre credo ‘Une flamme militante pour un héritage de marque’. C’est curieux d’ailleurs que nous soyons beaucoup plus royalistes que le roi, parce que nous nous battons pour qu’Abdoulaye Wade laisse un bel héritage, mais c’est comme si lui, n’en voulait pas pour autant. C’est ce qui nous embête un peu. S’agissant du retour annoncé d’Idrissa Seck, nous sommes tout à fait à l’aise pour en parler. Parce que ce dernier, lorsqu’il fallait lui opposer un refus, nous l’avions fait mais quand il avait été exclu de notre parti, nous avions pris position contre la direction du Pds. Nous avions dit que quelqu’un qui cherche, par arithmétique, à élargir sa base ne devrait pas rétrécir celle-là , c’est contradictoire et que nos problèmes internes ne devraient pas nous conduire à en arriver à des règlements de compte, encore moins à des mesures disciplinaires. Nous avions aussi dit que Me Wade, s’il sous-estime Idrissa Seck, il risque de se faire avoir parce que nous estimions que c’était l’adversaire le plus dangereux. Et le président Wade nous avait, d’ailleurs, donné raison puisqu’à la veille de l’élection présidentielle, il a fallu trouver un moyen de décrédibiliser Idrissa Seck pour émietter son électorat. Wal Fadjri : Pourquoi Wade tient-il tant au retour d’Idrissa Seck dans la famille libérale ? El Hadj Ndiaye : S’apercevant que l’opposition boycotteuse était en train de gagner du terrain, dans la bataille de communication, le président Wade tente de la diminuer en ramenant M. Seck à ses côtés. Ainsi, le ‘Front Siggil Sénégal’ se trouve affaibli et du coup, Abdoulaye Wade va davantage décrédibiliser Idrissa Seck qui va finir par convaincre encore les plus sceptiques qu’il est le champion de la tortuosité. Wal Fadjri : Pourtant, en recevant Seck à la veille de la campagne pour la présidentielle, Wade n’avait pu empêcher celui-ci d’être le numéro deux au plan des résultats électoraux. El Hadj Ndiaye : Mon intime conviction est que si Idrissa Seck n’avait pas été répondre à Abdoulaye Wade, son électorat aurait été beaucoup plus important. C’est parce que dans la conscience des gens, quelque chose n’était pas clair, ils n’avaient plus confiance en lui, Idrissa Seck avait perdu une bonne frange de son électorat virtuel. Wal Fadjri : Vous dites que Me Wade cherche à affaiblir l’opposition en rappelant Idrissa Seck. Et ce dernier qu’a-t-il à gagner dans ces retrouvailles ? El Hadj Ndiaye : Idrissa Seck est dans une mauvaise posture parce que ce n’est pas facile de rester en exil pendant cinq ans. Donc, quelque part, il est contraint de venir. On ne sait pas encore de quoi ça retourne exactement, mais nous pensons que, pour le moment, ça profite à Wade et aussi beaucoup plus au Pds qu’à Rewmi. Wal Fadjri : Et dans la perspective de la refondation du Pds, quel rôle envisagez-vous pour l’ancien Premier ministre au sein de la grande famille libérale en gestation ? El Hadj Ndiaye : Wade dit qu’Idrissa Seck accepte de revenir sans condition mais, pour moi, c’est parler à des ignorants. Car, Idrissa Seck, si ambitieux qu’on le connaît, je le verrais mal accepter de revenir sans préalable, sans aucun acquis. D’abord, il n’est pas seul puisqu’il a toute une bande derrière lui. Ce qu’ils se sont dit maintenant, ils peuvent ne pas l’exposer à la face du monde, mais je demeure convaincu qu’il y a eu négociation et des concessions de part et d’autre. Moi, je ne serais pas surpris qu’en contrepartie de la dissolution de son parti, Idrissa Seck aille au Sénat. Wal Fadjri : Pour finalement succéder à Wade ? El Hadj Ndiaye : Etre au Sénat, ne veut pas dire pour autant succéder à Abdoulaye Wade. Il peut effectivement lui succéder en cas de vacance du pouvoir, juste le temps d’organiser des élections. Wal Fadjri : Mais est-ce que cette hypothèse est plausible ? El Hadj Ndiaye : Je n’aurai pas la prétention de dire que je connais Wade puisque c’est un homme imprévisible. Mais ma conviction est qu’à un moment donné, il a songé à se faire succéder par son fils parce qu’il a posé plusieurs actes qui l’illustrent. Est-ce qu’il y a renoncé ou a-t-il suspendu cette décision par stratégie ? Reste à savoir. Mais je demeure persuadé que le différend qui oppose Wade à Seck est si grand qu’accepter de se faire succéder par ce dernier, de surcroît un redoutable adversaire, me paraît invraisemblable. Wal Fadjri : Se faire succéder par son fils, et de la manière dont Wade semble vouloir le faire, vous trouvez cela normal dans une république ? El Hadj Ndiaye : Cela interpelle la conscience de tout un chacun. Pourquoi Wade voudrait-il se faire succéder par son fils ? En tout cas, si tel est son vÅ“u, qu’il sache que ce n’est pas demain. S’il veut imposer son fils, il risquerait de faire effondrer tout ce qu’il a bâti et tout ce qu’il a, aussi, acquis comme prestige durant son long combat. En tenant à se faire remplacer par son fils, c’est comme si Wade cherchait à couvrir ses arrières ou à sécuriser sa famille. Mais on est arrivé à un tel niveau de démocratie, au Sénégal, que les citoyens ne s’accommoderaient pas d’un tel schéma. Karim a le droit d’avoir des ambitions, mais s’il veut les réaliser, il n’a qu’à respecter les règles de la démocratie. Wal Fadjri : Selon vous, qui peut être, aujourd’hui, un élément fédérateur pour assurer la succession de Wade au Pds ? El Hadj Ndiaye : Il n’y en a pas. Il n’y a pas quelqu’un qui émerge. Wal Fadjri : Et Macky Sall dont le nom a été souvent cité parmi les potentiels candidats ? El Hadj Ndiaye : Macky Sall, on ne sait pas ce qu’il veut. C’est comme si, quelque part, il n’avait pas le courage de ses ambitions, or, tout le monde sait qu’il est intéressé par la succession. Mais s’il n’a pas le courage de porter ce combat, personne ne le fera à sa place. Wal Fadjri : Ne pensez-vous pas que ces ambitions étouffées sont dues au fait que Wade ne supporte pas qu’on lorgne son fauteuil ? El Hadj Ndiaye : Pourquoi ne pas avoir le courage de ses idées ? Nous, qu’est-ce que ça nous a coûté d’être critiqués à l’endroit de Wade ? Rien du tout ! De la même façon que nous assumons ce que nous disons, Macky doit être clair dans sa démarche en portant le combat. S’il pense que la situation actuelle peut lui être favorable plus tard, il se trompe. En politique, il faut être courageux et savoir tirer profit de certaines opportunités. Wal Fadjri : L’ex-Premier ministre, Idrissa Seck s’y est essayé, mais on sait ce qu’il en est advenu... El Hadj Ndiaye : Le problème, c’est qu’Idrissa Seck avait affiché ses ambitions assez prématurément. Ensuite, il ne s’y est pas pris de manière élégante. Personnellement, j’avais déclaré en l’an 2000 que l’une des contraintes de l’alternance, c’était l’âge de Wade. Qu’on le dise ou pas, quand Wade est arrivé au pouvoir, cela avait suscité dans notre subconscient des positionnements. C’est pourquoi, certains se sont inscrits dans cette voie. A plus forte raison qu’il exerce son deuxième mandat. Qu’il le veuille ou pas, il faut que les gens pensent à sa succession. C’est inéluctable (il tire le mot en séparant les syllabes). On dit qu’Idrissa Seck est décrédibilisé mais qu’est-ce qui nous dit qu’il n’a pas la capacité de ressurgir. Si Macky Sall est intéressé par la succession de Wade, il devra conjuguer avec cette donne. Car, quel que soit le comportement qu’Idrissa Seck va afficher à son retour au Pds, il reste certain qu’il ne va point renoncer à son ambition de succéder à Wade. Wal Fadjri : Idrissa Seck est annoncé au Pds dans le cadre, dit-on, de la reconstruction de la grande famille libérale. Mais son retour ne risque-t-il pas de rendre compliqué ce projet ? El Hadj Ndiaye : Ce qu’on ne doit pas oublier, c’est qu’en revenant au Pds, Idrissa Seck vient avec des gens. En plus, il soutient qu’au Pds, il y a des personnes qui lui sont restées fidèles. Avec le travail de verrouillage que Macky avait lui aussi entrepris, de son côté, vous imaginez aisément les problèmes de cohabitation qu’il y a en perspective. Avec la donne Karim Wade, tout se passe comme si la bataille de succession qui s’était bipolarisée, devient tripolaire. Aujourd’hui, Macky Sall a deux challengers : Idrissa Seck et Karim Wade. Wal Fadjri : Apparemment, vous soutenez Macky Sall ? El Hadj Ndiaye : Non pas que je le soutienne, mais je considère que compte tenu de tout ce qu’il a abattu comme travail et comme patience, il devrait quand même mériter de succéder à Wade. Mais, une fois encore, c’est à lui de faire son combat. Wal Fadjri : Que pensez-vous du dialogue de sourds entre Wade et l’opposition ? El Hadj Ndiaye : Abdoulaye Wade n’a pas le courage d’admettre l’opposition. C’est ce que l’opposition actuelle ne comprend malheureusement pas. C’est que Wade a peur de la parole de l’adversaire. C’est ce qui vaut à Djibo Kâ sa position privilégiée actuelle. Il s’accommode mal de la contradiction, c’est un défaut naturel chez lui. Erreur Rien à faire ici. |
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