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samedi 29 mars 2008, par senactuSENEGAL - UNIVERISITE DE DAKAR : LES ETUDIANTS ENTRE GREVE ET GUERRE
Depuis plus de deux mois l’enseignement dans une partie de l’UCAD (Université Cheikh Anta Diop) est paralysé. La FLSH (Faculté des Lettres et Sciences Humaines) et la FASEG (Faculté des Sciences Economiques et de Gestion) sont entrées en grève. La seconde a mis fin à son combat et a rejoint le chemin des cours. Il n’est resté depuis que les littéraires dans cette dynamique de protestation, laquelle leur vaut actuellement les menaces d’une année blanche mieux affichée par le départ prévu des vacataires en grève au retour des vacances du 4 avril, fête de l’indépendance du Sénégal, et de la semaine de la jeunesse.
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La particularité de la grève est qu’elle peut entraîner des mouvements de masse mais ceci n’est pas consenti comme étant essentiellement le seul recours possible. La spécificité des universités publiques aujourd’hui est qu’après chaque AG (assemblée générale), on descend dans la rue pour bloquer la circulation. On peut prétendre à un exploit de la part des frondeurs si des biens publics ne font pas l’objet de casse. L’exception est qu’on ne se limite plus à vouloir battre le macadam mais on n’hésite plus désormais à affronter les forces de l’ordre. Il y a lieu de comprendre que pareil scénario caractérise la grève estudiantine au Sénégal. La violence qui détermine la forme de la protestation estudiantine, qui, le plus souvent, lui est externe dans son expression car dirigée vers l’extérieur, peut être également interne à elle-même lorsqu’il y a désaccord de point de vue et affrontement mutuel. Pour mesurer l’escalade de la brutalité au sein des universités locales, l’histoire a enregistré, dans les deux cas, des victimes. Les faits actuels survenus depuis hier à la FLSH témoignent de l’ampleur effective du second cas où les étudiants se tapent dessus parce que n’étant pas sur la même longueur d’onde. L’insolite est aussi que l’ennemi d’hier c’est-à -dire la police est venue en appui à une frange d’étudiants tout en violant encore pour la enième fois les franchises universitaires sans qu’on ne pipe mot alors que cet acte est censé être au cÅ“ur d’un combat qui interpelle traditionnellement tout étudiant. Ce regain d’agressivité mutuelle entre les étudiants est justifié par la volonté des dirigeants des listes bleue, orange, blanche et jaune de suspendre le mot d’ordre de grève et de reprendre les cours. Contrairement à leurs camarades - mot assez nuancé dans son contexte d’usage - qui soutiennent avec toute l’émotion possible le maintien de la grève parce que, disent-ils, l’autorité n’a jamais été sincère avec eux. L’autre aspect qui attire également l’attention est l’implication indirecte de la politique dans les amicales d’étudiants. Une probable division, de ce fait, ne peut pas être écartée puisqu’elle est subséquente à l’expression politicienne. La grandeur politique exige la rupture. Introduire la politique au sein des universités est synonyme de sabotage de la poursuite correcte des enseignements parce qu’elle rend plus vive l’adversité chez les étudiants dont l’unique souci devrait être l’appropriation de la connaissance. Le paradoxe qu’a entrainé la politique est que les étudiants s’organisent en amicales et s’interpellent par le vocable de camarade, lequel est retrouvé dans le jargon de désignation mutuelle dans les partis politiques. Le besoin utilitariste est présent dans la rationalité de ces jeunes gens et la violence, qu’ils se gratifient mutuellement de temps à autre, justifie l’emploi de cette logique de camaraderie. L’inconduite entre camarades politiques est érigée par la force du temps en valeur au sein de l’entité politique. On a l’impression d’être devant un parti soucieux d’un certain militantisme provocateur. L’amicale est supposée regrouper des amis et entre ceux-ci, on doit apprendre que l’on ne se tape pas dessus. L’organe politique regroupe des camarades qui sont impliquées dans des combats. Il importe, de ce point de vue, de revoir l’appellation des associations étudiantes au sein de l’université. Elles sont soit une organisation politique qui, privilégie davantage les grandes causes et les intérêts des étudiants, soit elles demeurent une amicale qui est plus orientée vers des activités non lucratives et fraternelles et qui n’a aucune tendance politique. En définitive, la politique, comme la police, se doit d’encadrer de l’extérieur l’université et non de s’imposer en violant les franchises universitaires. On parle souvent de la police mais il y a aussi les politiciens à associer dans le rang des agresseurs par leur implication idéologique. Pascal Oudiane oudiane@senactu.com Erreur Rien à faire ici. |
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