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samedi 12 avril 2008, par odialloSénégal - Edito : Dangers technologiques Version imprimable
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Sommes-nous résolument entrés dans l’ére technologique, censée réduire la fracture numérique tant espérée ? Nous restons tellement subjugués par les performances sans cesse renouvelées des techniques, à vous couper le souffle, qu’on en arrive presque à oublier "qu’une science sans conscience n’est que ruine de l’âme" ruines et larmes ! Einstein, pratiquant invétéré du violon, n’a-t-il pas inventé la théorie de la relativité ? Chaque nouvelle découverte ne secrète-t-elle pas elle-même sa propre contrepartie perverse ? Une posture ambivalente, à la fois angélique et démoniaque, à appliquer selon un mode d’emploi réversible, au gré des opportunités, à savoir : bienfait humanitaire sous forme de dons de médicaments et de distributions de vivres, ou bien, folie guerrière en abusant d’armes récentes, plus meurtrières... Par ailleurs, est-on vraiment à l’abri de l’Å“il de Caïn ou de Big Brother, tels des sujets désormais épiés, scrutés, disséqués, analysés, sanctionnés, dans le moindre détail ? A terme, cette (télé)surveillance tous azimuts, en cours dans les pays européens, dans les rues et les bureaux, peut-elle épargner le monde entier, en général, et l’Afrique, en particulier ? Jusque dans notre intimité, ultime refuge, face à cette boulimie tentaculaire sécuritaire et / ou hypermédiatique ? Nicolas Sarkozy, Ndèye Guèye, feu Saddam Hussein (à son corps défendant, si l’on ose dire !), Pape Mbaye & Cie étaient loin de se douter qu’en quelques instants, suite à une parole imprudente lancée à un parfait inconnu, à des situations, attitudes ou positions jugées équivoques, immorales, obscènes voire interdites, souvent perpétrées dans un cadre strictement réservé (en l’occurrence, boîtes de nuit, résidences de particuliers et même en prison, lieu de châtiment...), tous ces forfaits allaient provoquer progressivement, incrédulité, stupeur, indignation, colère, hostilité et susciter des dégâts collatéraux transfrontaliers imprévus par le biais d’Internet. Au Sénégal, certains, brutalement confrontés à de tels agissements, il est vrai, difficilement contrôlables en amont et profondément ulcérés par la gravité de ces affaires assimilées à des dérives inacceptables, avaient conclu à un coup d’arrêt...fatal (afin que nul n’en ignore !) et brandi (hâtivement ?) la "fatwa", sentence mortelle exécutoire sans voie légale de recours, contre nos compatriotes mis en cause ; d’autres, à contrario, se limitaient, de guerre lasse, à proposer l’observance d’une retenue, à tout le moins, moralement et socialement...plus convenable, faisant prévaloir, à bon escient, le caractère privé des manifestations incriminées ! Qui aurait pu imaginer qu’une répartie malencontreuse au Salon de l’Agriculture, la présence active d’une danseuse réputée dans une soirée privée, l’union incongrue d’homosexuels dans la banlieue et l’exécution d’un dictateur filmée en catimini, pouvaient sceller le destin d’acteurs, involontairement placés sur le même piédestal, en dépit de leurs diverses origines sociales et culturelles, unis pour...le pire et, à ce titre, unanimement conspués, honnis, décriés et parfois définitivement rejetés ? Vite repérés, vite pris et filmés, dans l’urgence ! Voilà ainsi établi le crédo de cet ennemi irréductible, tapi dans l’ombre, maîtrisant parfaitement la technique du camouflage, finissant toujours par prendre le dessus, en tous lieux, au moment où l’on s’y attend le moins, prêt à la récidive au moindre scoop présumé ! Toutefois, les défenseurs des libertés individuelles et collectives n’y opposeront aucune parade car, pour une fois, les droits de l’homme (humains ?) réclamés sous toutes les latitudes, symbolisés par l’équité et la justice dévolues à tout citoyen, auront été pleinement respectés, au-delà de leurs souhaits...les plus ardents. Ousmane Diallo Directeur de la rédaction odiallo@senactu.com Erreur Rien à faire ici. |
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